Raoul Agéromédecin de campagne
Un médecin, deux villages, un pays imaginé
Bienvenue en
Pacatanie
Sur aucune carte, on ne trouve la Pacatanie — et pourtant tout le monde, là-bas, sait exactement où elle commence. Elle est née de la rencontre de deux terres bien réelles : la Provence-Alpes-Côte d’Azur, où l’autrice a grandi, et l’Occitanie, où elle a fait sa vie d’adulte. De ce mariage sont sortis des collines qui sentent le thym et la garrigue, des toits qui n’ont jamais su choisir entre la tuile romaine et l’ardoise, et une langue qu’on ne parle nulle part ailleurs : un mélange tendre de provençal et d’occitan, où les mots se répondent d’un village à l’autre comme des volets qui claquent au vent.
On y fait encore la sieste à l’heure où les cigales prennent le relais des conversations, et le soir venu, tout le monde finit par se retrouver au Petit Pescaillou, pour un pastis ou un verre de blanc frais qui referont, une fois de plus, le monde entier. Ceux qui arrivent de l’extérieur, on les appelle avec une tendresse un peu moqueuse les Vengudis — « ceux qui sont venus » — en attendant, parfois des années, qu’on oublie de le leur rappeler.
Le récit
Entre Brasan et Peyrolan
Un pont, une rivière — la Braille — et deux villages qui se regardent en chiens de faïence depuis toujours : Brasan sur une rive, Peyrolan sur l’autre. C’est ce territoire, arpenté nuit et jour dans sa vieille voiture, que sillonne le docteur Raoul Agéro, médecin de campagne. On le connaît partout, on l’attend souvent, on le redoute parfois — car un médecin de campagne finit toujours par en savoir un peu trop sur tout le monde.
Un soir, on vient le chercher pour le vieil Anselme Boutenac, qui ne passera pas la nuit. Dans la pénombre de la chambre, entre deux souffles, le vieil homme se met à parler — et ce qu’il confie à l’article de la mort va remuer, bien après lui, les eaux tranquilles de la Braille et les souvenirs des deux rives. Ce que le docteur Agéro entendra cette nuit-là, il ne pourra plus jamais tout à fait l’oublier.
La conteuse
Marcel
— pseudonyme de Martine Sellès
Marcel a grandi en Provence-Alpes-Côte d’Azur, au milieu des volets qui claquent et des étés interminables, avant de refaire sa vie d’adulte en Occitanie, terre de vent et de mots roulés. De ces deux paysages qu’elle porte en elle est née la Pacatanie — un pays qui n’existe sur aucune carte, mais qui ressemble furieusement à un endroit où l’on a envie de vivre.
Tout est parti d’une rencontre bien réelle, à Brignon, avec un médecin de campagne dont elle a recueilli les gestes, les silences et les histoires que les patients confient parfois, à mi-voix, entre deux ordonnances. Raoul Agéro lui doit beaucoup à cet homme-là. Et si elle a choisi d’écrire sous le nom de Marcel, c’est peut-être, comme au coin d’une veillée, pour mieux s’effacer derrière les histoires des autres.
Extrait
« Il y a des nuits, en Pacatanie, où la Braille elle-même semble retenir son souffle. Cette nuit-là, le docteur Agéro gara sa voiture au bord du pont, comme il l’avait fait cent fois, et pourtant quelque chose, dans l’air tiède qui montait de la rivière, lui disait que celle-ci ne ressemblerait à aucune autre. »
« Anselme Boutenac l’attendait, assis très droit dans son lit, comme un homme qui a encore quelque chose à finir avant de partir. « Approchez, docteur », dit-il. « Ce que j’ai à vous dire, je ne l’ai jamais dit à personne — et il est temps que quelqu’un, enfin, le sache. » »
Entre Brasan et Peyrolan, deux villages que sépare une rivière et que réunit un même médecin, Marcel signe une chronique villageoise tendre et mystérieuse, peuplée de secrets de famille, de rivalités de clocher et d’amours qu’on croyait enterrées. Un livre à lire comme on écoute une veillée : sans se presser, un verre de blanc frais à la main.
Refermons les volets
Le livre Les histoires pacatanes de Raoul Agéro, médecin de campagne est disponible au prix de 12,00 €.
Une question, un mot pour l’autrice ? Écrivez à
contact@pacatanie.fr
À bientôt, à la veillée.